Aliénation parentale : ce qu'un tribunal regarde, et comment consigner les faits
Votre enfant refuse d'embarquer dans l'auto. Il répète des phrases qui ne sont pas de son âge. Il se ferme, ou il vous accuse de choses qu'il ne peut pas avoir vécues. Vous vous demandez comment démontrer cela à un juge. Voici l'essentiel, en langage simple : au Québec, aucun tribunal ne rend une décision parce qu'on a prononcé les mots « aliénation parentale ». Le juge tranche à partir de faits datés, précis et vérifiables, et d'une seule question — l'intérêt de l'enfant. Ce guide explique ce que la loi demande au juge, quels délais existent, ce qu'il faut consigner, et quelles erreurs reviennent le plus souvent. C'est de l'information générale, pas un avis juridique : la décision d'entreprendre ou non une démarche vous appartient, et un avis sur votre situation doit venir d'un avocat.
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« Aliénation parentale » : de quoi parle-t-on, et pourquoi le mot ne suffit pas
Éducaloi décrit la situation extrême du « syndrome d'aliénation parentale » comme celle où l'un des parents tente de détruire l'image de l'autre devant son enfant, afin d'éloigner ou même d'éliminer ce parent de la vie de l'enfant. L'enfant se retrouve alors dans un sérieux conflit de loyauté, et peut en arriver à refléter les idées de ce parent.
Il faut savoir une chose dès le départ : l'aliénation parentale n'est pas une infraction inscrite dans une loi québécoise. Ce n'est pas non plus un diagnostic que vous pouvez poser vous-même. C'est une description clinique d'un ensemble de comportements. Le concept est d'ailleurs discuté et critiqué dans la littérature juridique québécoise, notamment parce qu'il a parfois été invoqué contre des personnes qui dénonçaient de la violence conjugale.
Conséquence pratique : devant le tribunal, ce qui pèse, ce n'est pas l'étiquette. Ce sont les faits — qui a dit quoi, quand, devant qui, et ce que l'enfant a vécu concrètement. Un dossier qui répète « c'est de l'aliénation parentale » sans dates ni exemples ne dit rien au juge. Un dossier qui montre huit refus d'échange documentés en trois mois, avec les messages qui vont avec, parle tout seul.
C'est aussi pourquoi ce guide ne s'intitule pas « comment faire déclarer l'aliénation parentale ». Il s'intitule comment consigner les faits. C'est ça, le travail utile.
La seule question du juge : l'intérêt de l'enfant
Quand un juge québécois décide de la garde ou du temps parental, il applique un seul critère : l'intérêt de l'enfant. Ce n'est pas l'intérêt des parents, ni la « justice » entre eux, ni la punition de celui qui a mal agi.
L'article 33 du Code civil du Québec prévoit que les décisions concernant l'enfant doivent être prises dans son intérêt et dans le respect de ses droits. Il énumère ce qu'on prend en considération : ses besoins moraux, intellectuels, affectifs et physiques, son âge, sa santé, son caractère, son milieu familial — y compris la présence de violence familiale, dont la violence conjugale, ou de violence sexuelle — et les autres aspects de sa situation. Cette mention de la violence familiale a été ajoutée par des modifications récentes (2022-2023).
Pour les couples mariés qui divorcent, la Loi sur le divorce fédérale dit la même chose à son article 16 : le tribunal ne tient compte que de l'intérêt de l'enfant, et accorde une attention particulière à son bien-être et à sa sécurité physiques, psychologiques et affectifs.
En pratique, JuridiQC résume les éléments que le juge évalue : l'âge de l'enfant, sa relation avec chaque parent, son état de santé, la capacité des parents à communiquer entre eux, leur capacité à s'occuper de lui, la présence de violence familiale, et l'opinion de l'enfant — surtout chez les adolescents.
Le facteur central dans ce type de dossier : favoriser, ou nuire à la relation avec l'autre parent
C'est ici que les situations d'aliénation parentale rejoignent directement le texte de loi. La Loi sur le divorce, à l'article 16(3), dresse la liste des facteurs de l'intérêt de l'enfant. L'un d'eux est explicitement « la volonté de chaque époux de favoriser les relations entre l'enfant et l'autre époux » (alinéa c). Un autre est la capacité et la volonté de chaque personne de communiquer et de collaborer à l'égard de l'enfant (alinéa i).
La même loi impose des obligations aux parties : l'article 7.2 prévoit que chaque partie fait de son mieux pour protéger les enfants des conflits découlant de l'instance, l'article 7.3 qu'elles tentent de régler les questions par les mécanismes de règlement des différends familiaux, et l'article 7.5 que toute personne visée par une ordonnance est tenue de s'y conformer tant qu'elle a effet.
Autrement dit : la loi nomme déjà le comportement que vous décrivez, sans utiliser le mot « aliénation ». Un parent qui dénigre l'autre, qui fait obstacle aux contacts, ou qui place l'enfant au milieu du conflit se trouve du mauvais côté de ces facteurs. Il n'y a pas besoin d'un diagnostic pour que ça compte.
Attention : ce facteur joue dans les deux sens. Le parent qui documente aura lui aussi à démontrer qu'il a favorisé la relation, respecté le jugement, et évité d'entraîner l'enfant dans le litige. JuridiQC note d'ailleurs qu'on peut demander au juge d'interdire à un parent certains comportements, comme dénigrer l'autre.
L'enfant qui refuse d'y aller : ce que la loi attend, et le poids de son opinion selon l'âge
Éducaloi est clair sur un point : le parent qui a l'enfant avec lui doit l'encourager à voir l'autre parent. Refuser de laisser l'enfant partir alors qu'un jugement prévoit ce temps expose ce parent à une procédure d'outrage au tribunal et à une demande de modification de la garde.
Le refus de l'enfant ne s'explique pas toujours par une manipulation. Éducaloi invite à chercher la cause réelle : un besoin non comblé, un conflit ponctuel, un horaire qui ne fonctionne plus, un événement à l'école. Le tribunal fera exactement le même exercice. C'est pour cela que consigner le contexte de chaque refus — pas seulement le refus — change tout.
Quant à l'opinion de l'enfant, Éducaloi indique comment elle est pondérée selon l'âge :
- En bas âge : l'avis de l'enfant est normalement sans importance déterminante.
- Entre 8 et 11 ans : l'opinion de l'enfant est fortement considérée.
- À 12 ans et plus : l'opinion de l'enfant est largement déterminante.
- Dans tous les cas, le juge n'est jamais obligé de suivre la préférence de l'enfant s'il estime qu'elle ne sert pas son intérêt.
Et voici l'élément qui compte particulièrement ici : le juge peut rejeter le témoignage d'un enfant qu'il croit manipulé. C'est précisément pourquoi le dossier ne doit pas reposer sur la parole de l'enfant, mais sur des faits observables par des adultes et des documents datés.
Les délais et le calendrier : ce qui presse, et ce qui doit passer avant la cour
Il n'existe pas de « délai de prescription » pour signaler à un tribunal qu'un jugement de garde n'est pas respecté. Mais plusieurs délais réels structurent le calendrier, et ce sont eux qui créent l'urgence.
- Séance d'information sur la parentalité après la rupture — pour les parents d'enfants communs, la participation à cette séance d'information sur la parentalité et la médiation est généralement obligatoire avant de procéder devant le tribunal. Elle est gratuite, se donne en ligne et dure environ trois heures. Vous recevez une attestation de participation, qui doit être remise à la cour.
- Médiation familiale — les couples avec au moins un enfant commun à charge ont droit à 5 heures gratuites pour une première entente, et 2,5 heures gratuites pour modifier une entente existante ou faire réviser un jugement (3 heures pour les couples sans enfant commun). Au-delà, le tarif du médiateur est fixé par règlement à 130 $ l'heure, taxes en sus (110 $ si les séances ont commencé avant le 23 novembre 2023).
- Ordonnance de sauvegarde — pour une question urgente qui ne peut pas attendre le procès, le tribunal peut rendre une décision temporaire. Sa durée ne peut pas dépasser 6 mois, et elle peut être prolongée avant son expiration. Il faut démontrer l'urgence. L'audition est généralement courte, sans témoignages.
- Modification d'un jugement de garde — elle exige la démonstration d'un changement de situation imprévu et suffisamment important, qui rend nécessaire la modification. Éducaloi donne comme exemple, parmi d'autres, le fait qu'un parent empêche l'autre d'avoir des contacts avec l'enfant.
Ces règles ont une conséquence directe sur votre documentation. Un « changement de situation imprévu et suffisamment important » ne se démontre pas avec un souvenir. Il se démontre avec une séquence datée : ce qui se passait avant, ce qui a changé, à partir de quand, et à quelle fréquence. C'est un travail qui se fait au fur et à mesure, parce qu'on ne le reconstitue pas six mois plus tard.
Notez aussi que des exceptions à l'obligation de médiation sont prévues, notamment en cas de violence familiale, conjugale ou sexuelle.
Ce qu'il faut consigner, concrètement, et comment
C'est la partie la plus utile de ce guide. Un tribunal ne peut pas suivre une émotion. Il peut suivre une chronologie. Voici la forme que prend une entrée qui sert à quelque chose.
Pour chaque événement, quatre éléments : la date et l'heure exactes, le lieu, les personnes présentes, et ce qui s'est réellement passé ou été dit, en mots neutres. Rien d'autre. Pas d'adjectif, pas de diagnostic, pas d'interprétation du motif de l'autre parent.
- À éviter : « Elle continue de le monter contre moi, c'est de l'aliénation évidente. »
- À privilégier : « 14 mars 2026, 18 h 02, stationnement du 120 rue X. Présents : moi, l'enfant, sa mère. L'enfant est resté dans l'auto et a dit : « Maman dit que tu ne payes pas pour moi. » Départ sans l'enfant à 18 h 20. »
- La deuxième version ne prouve pas l'intention de l'autre parent — elle rapporte un fait. Répétée 12 fois sur 4 mois, elle devient un motif.
Les éléments qui reviennent le plus souvent dans ce type de dossier, et qui gagnent à être notés au moment où ils arrivent :
- Chaque échange de garde : heure prévue, heure réelle, s'il a eu lieu ou non, et le motif tel qu'il vous a été donné (en citant, sans commenter).
- Chaque appel ou visioconférence prévu au jugement : tenté, réussi, refusé, écourté, à quelle heure.
- Les phrases de l'enfant qui ne sont manifestement pas de son âge ou de son vocabulaire — citées mot à mot, avec la date et qui était présent.
- Les changements observables : sommeil, école, humeur au départ et au retour, refus soudain d'une activité qu'il aimait.
- Les rendez-vous manqués ou les informations non transmises (médicaux, scolaires, activités).
- Les tiers témoins d'un événement : un grand-parent, un entraîneur, une éducatrice. Notez leur nom au moment même — c'est ce qu'on oublie en premier.
- Vos propres démarches : ce que vous avez proposé, offert, accepté. C'est ce qui démontre que vous, vous avez favorisé la relation.
Un dernier point sur la méthode : notez le jour même, ou le lendemain au plus tard. Une note écrite trois mois après les faits n'a pas la même valeur qu'une note contemporaine, et l'autre partie le fera remarquer. Et gardez la même rigueur pour les bonnes journées : un journal qui ne contient que du négatif se lit comme un réquisitoire, pas comme un registre.
Les pièces à rassembler
En parallèle du journal, il y a les documents. Ils se perdent, ils s'effacent, les applications de messagerie suppriment. C'est le moment de les mettre à l'abri.
- Le jugement ou l'entente en vigueur — c'est la pièce de référence : sans elle, on ne peut pas démontrer qu'un horaire n'a pas été respecté.
- Les messages textes, courriels et messages d'application entre les parents, conservés en entier — pas seulement le passage qui vous donne raison. Un extrait tronqué se retourne contre celui qui le dépose.
- Le calendrier réel des périodes de garde, échange par échange.
- Les communications avec les tiers : école, garderie, CPE, médecin, entraîneur, activités parascolaires.
- Les bulletins, billets d'absence, notes de l'école, qui datent objectivement des périodes.
- Les rapports professionnels déjà existants : pédiatre, psychologue, travailleur social, intervenant scolaire.
- Les preuves de vos démarches : mises en demeure, propositions de médiation, offres de rattrapage de temps.
- Les photos et vidéos datées, quand elles montrent un fait objectif (un lieu, une blessure, une porte close), et non l'enfant en détresse.
Pour les captures d'écran, ce qui compte est l'intégrité : on doit pouvoir voir le fil complet, l'identifiant de l'expéditeur, la date et l'heure. Une image recadrée sur une seule bulle de texte, sans horodatage, a peu de force.
Ce que vos notes prouvent — et ce qu'elles ne prouvent pas
Il faut être honnête sur ce point, parce que beaucoup de gens se font une fausse idée. Votre journal personnel n'est pas, à lui seul, la preuve que les faits qu'il rapporte sont vrais. Vous ne pouvez pas déposer un cahier et considérer que le tribunal a été convaincu.
Ce que le journal fait, et c'est considérable : il vous permet de témoigner avec précision. Devant le tribunal, c'est vous, sous serment, qui racontez. Un parent qui dit « ça arrive souvent » ne convainc personne. Un parent qui dit « il y a eu 11 refus entre janvier et avril, voici les dates, et voici les messages correspondants » est crédible, cohérent, et vérifiable. Le journal soutient le témoignage et permet de relier chaque affirmation à une pièce.
Le journal sert aussi à autre chose : il vous protège de l'exagération. Quand on est épuisé et blessé, la mémoire déforme. Une note écrite le jour même vous empêche d'affirmer à l'audience quelque chose que les documents contrediront. Une seule exagération démontrée peut faire perdre au juge confiance dans tout le reste de votre témoignage.
Enfin, une règle importante sur les enregistrements. Au Canada, enregistrer une conversation à laquelle on participe soi-même n'est pas une infraction criminelle — le Code criminel punit l'interception d'une communication privée sans le consentement d'aucun des participants (art. 184). Mais en matière civile, c'est autre chose : l'article 2858 du Code civil du Québec oblige le tribunal à rejeter, même d'office, une preuve obtenue dans des conditions qui portent atteinte aux droits et libertés fondamentaux et dont l'utilisation est susceptible de déconsidérer l'administration de la justice. Le tribunal décide au cas par cas. Enregistrer un enfant, ou l'interroger pour en tirer une déclaration, est précisément le type de démarche qui peut se retourner contre celui qui la fait.
L'expertise psychosociale, la voix de l'enfant, et le rôle du DPJ
Quand la situation est complexe — allégations d'abus, allégations d'aliénation parentale, doute sur la capacité parentale — le tribunal peut ordonner une expertise psychosociale : l'évaluation complète, par un expert, de la situation sociale et familiale de l'enfant. Le juge peut l'ordonner même si personne ne l'a demandée.
Si l'expertise est ordonnée par un juge, les services du Service d'expertise psychosociale de la Cour supérieure sont gratuits. L'expert rencontre les personnes concernées, rédige un rapport envoyé directement au juge, et les parties en reçoivent copie. Il faut savoir que les délais sont parfois longs. Il est aussi possible de retenir un expert privé, ou un expert choisi conjointement, mais c'est coûteux. Le rapport de l'expert et son témoignage sont des éléments de preuve importants : si le juge décide de s'en écarter, il doit motiver sa décision.
L'enfant, lui, peut être entendu de plusieurs façons : par son propre avocat, par un témoignage en présence ou en l'absence des parents, par une rencontre avec le juge en dehors de la salle d'audience, ou dans le cadre de l'expertise. À noter : toute personne de moins de 18 ans est automatiquement admissible à l'aide juridique gratuite.
Enfin, la Loi sur la protection de la jeunesse considère que la sécurité ou le développement d'un enfant est compromis, notamment, en cas de mauvais traitements psychologiques — ce qui vise entre autres l'enfant dénigré ou rejeté par ses parents, ou témoin de violence familiale. Le gouvernement du Québec a mis en place un programme sociojudiciaire en conflits sévères de séparation, dans plusieurs régions : lorsque les conflits deviennent intenses et récurrents, la loi considère que l'enfant subit des mauvais traitements psychologiques, ce qui justifie l'intervention du DPJ. Une personne neutre, indépendante des services du DPJ, accompagne alors la famille; son intervention est confidentielle et elle ne peut pas être contrainte de témoigner à la cour. L'identité de la personne qui fait un signalement demeure confidentielle.
Ce que la loi prévoit quand un jugement n'est pas respecté
Si un jugement fixe du temps parental et qu'il n'est pas respecté, plusieurs voies existent. Elles ne se valent pas, et JuridiQC les présente dans un ordre précis, en commençant par la discussion et la mise en demeure.
- Discuter avec l'autre parent, idéalement accompagné d'un avocat, pour que les périodes prévues au jugement soient respectées.
- Envoyer une mise en demeure demandant de cesser le comportement.
- Demander une modification du jugement, si un changement imprévu et suffisamment important est démontré.
- L'outrage au tribunal — une procédure pour dissuader et punir la personne qui refuse de se conformer à un jugement.
- L'habeas corpus — une procédure assez rare, qui vise le cas où un enfant est illégalement retenu par un parent.
Sur l'outrage au tribunal, trois choses méritent d'être connues. D'abord, le fardeau est lourd : il faut démontrer hors de tout doute raisonnable que la personne a volontairement ignoré un jugement et que rien ne justifie son comportement. Ensuite, les conséquences sont sérieuses : amende pouvant aller jusqu'à 10 000 $, travaux d'utilité sociale, et emprisonnement si le jugement n'est toujours pas respecté.
Enfin — et JuridiQC le dit sans détour — l'outrage au tribunal est utilisé en dernier ressort dans les affaires familiales, surtout quand il y a des enfants, « puisque cette condamnation améliore rarement la relation entre les parents séparés ». Ce n'est pas une recommandation de ce guide : c'est ce que dit la source officielle. Le choix de la voie à emprunter vous appartient, et il se discute avec un avocat.
Les erreurs fréquentes, et une mise en garde importante
Voici ce qui affaiblit le plus souvent un dossier de ce type, du point de vue des règles décrites plus haut.
- Déposer une opinion au lieu de faits. « Elle l'aliène » n'est pas vérifiable. « Voici les 11 dates » l'est.
- Faire reposer le dossier sur la parole de l'enfant. Le juge peut rejeter le témoignage d'un enfant qu'il croit manipulé — et interroger l'enfant pour bâtir une preuve place ce dernier au cœur du conflit, ce que la loi demande justement d'éviter.
- Enregistrer l'enfant. Un enregistrement peut être écarté d'office en vertu de l'article 2858 du Code civil, et la démarche elle-même peut être retenue contre son auteur.
- Riposter en bloquant à son tour les contacts. La volonté de favoriser la relation avec l'autre parent est un facteur légal explicite : il s'évalue pour les deux parents.
- Écrire des messages qu'on ne voudrait pas voir lus à voix haute. Tout ce qui est écrit peut se retrouver au dossier — y compris ce que vous avez écrit.
- Ne rien noter pendant des mois, puis tout reconstituer avant l'audience. Les dates approximatives et les contradictions se voient immédiatement.
- Tronquer une conversation. Le fil complet a plus de force qu'un extrait choisi.
- Attendre. Une situation qui dure devient un « statu quo », et le tribunal considère la stabilité de l'enfant.
Et une mise en garde qu'il serait malhonnête d'omettre. La notion d'aliénation parentale est débattue, et la doctrine juridique québécoise a documenté des cas où l'allégation d'aliénation a été utilisée dans des contextes de violence conjugale. Depuis les modifications récentes, la loi impose explicitement au tribunal de tenir compte de la violence familiale dans l'analyse de l'intérêt de l'enfant : la Loi sur le divorce lui demande d'en examiner la nature, la gravité, la fréquence et le caractère coercitif.
Ce que cela signifie très concrètement : si un enfant se ferme ou refuse les contacts, un tribunal examinera toutes les explications possibles, y compris celles qui ne vous arrangent pas. Un dossier honnête, qui consigne les faits sans en écarter aucun, tient mieux la route qu'un dossier construit pour prouver une thèse. Si vous vivez ou avez vécu de la violence conjugale, des ressources gratuites existent : SOS violence conjugale, 24 h sur 24, au 1 800 363-9010, et le service Rebâtir, qui donne 4 heures de consultation juridique gratuite, au 1 833 732-2847.
Où obtenir un vrai avis juridique
Ce guide explique ce que dit la loi et ce que fait le tribunal. Il ne peut pas vous dire quoi faire dans votre situation : cela demande un avis juridique, et un avis juridique vient d'un avocat qui connaît votre dossier au complet.
- Aide juridique — les dossiers de séparation, de divorce et de garde d'enfant sont couverts. Depuis le 31 mai 2026, les seuils du volet gratuit sont de 30 212 $ pour une personne seule, 36 968 $ pour un adulte avec un enfant, 39 464 $ pour un adulte avec deux enfants ou plus, et 49 546 $ pour deux adultes avec deux enfants ou plus. Au-delà, le volet contributif s'applique (contribution de 100 $ à 800 $ pour tout le dossier), jusqu'à 42 205 $ pour une personne seule. Toute personne de moins de 18 ans y a droit gratuitement.
- Centres de justice de proximité — information juridique gratuite et confidentielle, pour tous, sans égard au revenu. Ils couvrent notamment la garde, la pension alimentaire et l'autorité parentale. Ce n'est pas un avis juridique, mais c'est un excellent premier arrêt.
- Service de référence du Barreau du Québec — pour une consultation à tarif réduit avec un avocat.
- Rebâtir — 4 heures de consultation juridique gratuite pour les personnes victimes de violence conjugale ou sexuelle (1 833 732-2847).
- Médiation familiale — 2,5 heures gratuites pour faire réviser un jugement lorsqu'il y a un enfant commun à charge.
Rappel : ceci est de l'information générale et ne constitue pas un avis juridique. Aucune situation familiale ne ressemble tout à fait à une autre, et personne ne peut prédire ce qu'un tribunal décidera. Ce guide vise une seule chose : que le jour où vous parlerez à un avocat, à un médiateur ou à un juge, vos faits soient clairs, datés et vérifiables.
Ce que Preuve en main fait pour ce type de dossier. Les faits décrits plus haut — un échange manqué, une phrase entendue le mardi soir, un appel refusé — ne valent quelque chose que s'ils sont notés au moment où ils arrivent, avec la date, l'heure, le lieu et les personnes présentes. C'est exactement ce que l'application vous aide à faire : un journal daté qui vous impose les faits plutôt que l'interprétation, un coffre à preuves où vos captures d'écran, courriels et photos sont conservés avec une empreinte numérique qui atteste qu'ils n'ont pas été modifiés depuis leur dépôt, une chronologie qui assemble tout dans l'ordre, et un rapport prêt à déposer ou à remettre à votre avocat. Vos données restent sur votre appareil. L'application ne donne aucun conseil juridique et ne prédit aucune issue : elle organise vos faits, et c'est vous l'auteur. Documenter est gratuit pour toujours, jusqu'à 3 dossiers, sans carte de crédit. Ouvrir l'application
Sources officielles (consultées le 30 juillet 2026)
Chaque affirmation de ce guide s'appuie sur une source officielle. Comment nous vérifions et corrigeons.
- JuridiQC — Comment le juge décide-t-il de la garde de l'enfant en cas de désaccord entre les parents ?
- Éducaloi — L'importance de l'opinion de l'enfant au sujet de sa garde (dont la définition de l'aliénation parentale)
- Éducaloi — L'enfant qui ne veut plus aller chez l'autre parent
- Éducaloi — L'expertise en matière familiale
- Éducaloi — Changer la garde des enfants
- Éducaloi — Avant d'aller au tribunal : vos obligations en matière de médiation
- Éducaloi — Comment faire un signalement au DPJ
- Éducaloi — L'aide juridique : un soutien juridique gratuit ou à peu de frais
- JuridiQC — L'outrage au tribunal : quand une personne refuse de respecter un jugement
- JuridiQC — Vos options pour faire respecter un jugement
- JuridiQC — L'ordonnance de sauvegarde en 5 questions
- JuridiQC — La médiation familiale, combien ça coûte ?
- Légis Québec — Code civil du Québec (art. 33 intérêt de l'enfant, art. 2858 preuve obtenue en violation des droits fondamentaux)
- Lois du Canada — Loi sur le divorce, art. 16 (intérêt de l'enfant et facteurs)
- Lois du Canada — Loi sur le divorce, art. 7.1 à 7.5 (obligations des parties)
- Lois du Canada — Code criminel, art. 184 (interception de communications privées)
- Gouvernement du Québec — Programme sociojudiciaire en conflits sévères de séparation
- Gouvernement du Québec — Motifs de signalement au DPJ
- Gouvernement du Québec — Aide et ressources pour les victimes de violence conjugale (SOS violence conjugale, Rebâtir)
- Commission des services juridiques — Aide juridique, volet gratuit
- Centres de justice de proximité — Services d'information juridique gratuits
- Ministère de la Justice du Québec — Programme de médiation familiale
- CanLII (doctrine) — S. Zaccour, « Disparue comme par magie ? La violence conjugale dans les cas d'aliénation parentale au Québec » (2020)
Ce guide est une information juridique générale sur le droit québécois, pas un avis sur votre situation. Les règles et les montants changent : vérifiez toujours à la source officielle. Pour une question précise, un avocat, l'aide juridique ou un centre de justice de proximité restent les références.