Un dossier à la DPJ : vos droits, et ce qu'il vaut la peine de consigner
Recevoir un appel ou une visite de la DPJ est l'une des choses les plus déstabilisantes qui puisse arriver à un parent. Vous cherchez probablement deux réponses ce soir : qu'est-ce qui va se passer maintenant, et qu'est-ce que je peux préparer avant la prochaine rencontre. Cette page rassemble ce que dit la Loi sur la protection de la jeunesse (LPJ) du Québec et la documentation officielle du ministère de la Santé et des Services sociaux : les étapes, les délais qui comptent vraiment, vos droits à chaque étape, et ce qu'il vaut la peine de noter et de conserver. Ce n'est pas un avis juridique et cette page ne vous dira pas quoi décider : elle vous dit ce que la loi prévoit, pour que vous puissiez poser les bonnes questions et vous faire accompagner.
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« Le signalement a été retenu » : qu'est-ce que ça veut dire au juste ?
Un signalement, c'est une personne qui a communiqué au directeur de la protection de la jeunesse (le DPJ) des motifs de croire que la sécurité ou le développement d'un enfant est compromis. Le DPJ doit recevoir ce signalement, faire une analyse sommaire et décider s'il le retient pour évaluation (art. 45 LPJ). Sans signalement, le DPJ ne peut pas intervenir de lui-même.
Retenu ne veut pas dire prouvé, ni jugé. Retenir un signalement signifie seulement que le DPJ va maintenant évaluer la situation plus à fond. C'est à la fin de cette évaluation qu'il décide si la sécurité ou le développement de l'enfant est compromis ou non (art. 49 LPJ). S'il conclut que ce n'est pas compromis, il doit vous en informer et il met fin à son intervention (art. 50 LPJ).
Pendant l'analyse sommaire, le DPJ peut déjà faire des vérifications complémentaires — par exemple auprès de l'école ou du milieu de garde — et il peut vous rencontrer, ou rencontrer votre enfant. La loi lui permet aussi d'exiger d'un établissement, d'un organisme ou d'un professionnel des renseignements concernant l'enfant, un parent ou une autre personne mise en cause par le signalement (art. 35.1 et 35.4 LPJ).
Une chose ne changera pas, quoi que vous demandiez : l'identité de la personne qui a signalé est confidentielle. La loi interdit de la dévoiler, et personne ne peut être contraint de la dévoiler, sans son consentement (art. 44 LPJ).
- Signalement retenu — le DPJ passe à l'étape de l'évaluation.
- Évaluation — le DPJ examine la situation et décide si la sécurité ou le développement de l'enfant est compromis.
- Compromission — le mot de la loi pour dire que la sécurité ou le développement de l'enfant est en cause.
- Orientation — le choix des mesures de protection, une fois la compromission retenue.
- Prise en charge — le DPJ assume le suivi de la situation de l'enfant.
Pour quels motifs la loi permet-elle au DPJ d'intervenir ?
La loi énumère les situations, et seulement celles-là. L'article 38 LPJ prévoit que la sécurité ou le développement d'un enfant est considéré comme compromis dans une situation d'abandon, de négligence, de mauvais traitements psychologiques, d'exposition à la violence conjugale, d'abus sexuels ou d'abus physiques, ou lorsque l'enfant présente des troubles de comportement sérieux. Le risque sérieux de négligence, d'abus sexuels ou d'abus physiques compte aussi.
L'article 38.1 LPJ ajoute des situations où la sécurité ou le développement peut être considéré comme compromis : notamment la fugue, ou le fait que des parents ne s'occupent pas de leur enfant de façon stable alors qu'il est confié depuis un an à un établissement ou à une famille d'accueil.
Un enfant, au sens de cette loi, est une personne de moins de 18 ans — les adolescents sont donc visés eux aussi. Et l'article 3 LPJ pose la règle qui gouverne tout le reste : l'intérêt de l'enfant est la considération primordiale dans toutes les décisions prises en vertu de cette loi.
- Abandon
- Négligence (physique, sur le plan de la santé, ou sur le plan éducatif) et risque sérieux de négligence
- Mauvais traitements psychologiques
- Exposition à la violence conjugale, y compris en contexte post-séparation
- Abus sexuels, incluant l'exploitation sexuelle, et risque sérieux d'abus sexuels
- Abus physiques et risque sérieux d'abus physiques
- Troubles de comportement sérieux
- Fugue, ou enfant délaissé après un placement (art. 38.1)
Les 48 prochaines heures : les délais qui comptent vraiment
Si votre enfant a besoin d'une protection urgente, le DPJ peut prendre des mesures de protection immédiate d'une durée maximale de 48 heures (art. 46 LPJ). Il peut par exemple retirer l'enfant du lieu où il se trouve, le confier à un membre de la famille, à une famille d'accueil ou à un centre de réadaptation, ou restreindre les contacts. La loi précise que, dans toute la mesure du possible, vous et votre enfant devez être consultés sur l'application de ces mesures. Ces mesures peuvent être prises à tout moment de l'intervention, pas seulement au début.
À la fin des 48 heures, il y a deux chemins. Si vous et votre enfant de 14 ans et plus ne vous y opposez pas, le DPJ peut vous proposer une entente provisoire : elle ne peut pas dépasser 30 jours, et peut être prolongée d'une période maximale de 30 jours supplémentaires si la situation le requiert (art. 47.1 LPJ). Le DPJ doit vous informer que vous — et votre enfant de 14 ans et plus — pouvez refuser de consentir à cette entente, que vous pouvez y mettre fin en tout temps, et que votre accord ne constitue pas une reconnaissance que la sécurité ou le développement de l'enfant est compromis (art. 47.2 LPJ).
Si vous vous y opposez, ou s'il existe déjà une ordonnance du tribunal exécutoire, le DPJ doit saisir le tribunal, qui peut ordonner la prolongation des mesures de protection immédiate pour au plus cinq jours ouvrables (art. 47 LPJ). Une exception existe si le délai de 48 heures se termine un samedi ou un jour férié et que le juge et le greffier sont absents : le DPJ peut alors prolonger sans ordonnance jusqu'au premier jour ouvrable suivant.
- 48 heures — durée maximale des mesures de protection immédiate (art. 46 LPJ).
- 5 jours ouvrables — prolongation maximale que le tribunal peut ordonner (art. 47 LPJ).
- 30 jours + 30 jours — durée maximale d'une entente provisoire et de sa prolongation (art. 47.1 LPJ).
- 10 jours — si aucune entente sur les mesures volontaires n'intervient dans les 10 jours et que la situation demeure compromise, le DPJ doit saisir le tribunal (art. 52 LPJ).
Vos droits, à chaque étape — ce que la loi vous garantit
Ce sont des droits écrits dans la loi, pas des faveurs. Les personnes qui prennent des décisions au sujet de votre enfant doivent vous informer aussi complètement que possible de vos droits, et notamment du droit de consulter un avocat et des droits d'appel (art. 5 LPJ). Elles doivent aussi vous donner une description des moyens de protection et de réadaptation, ainsi que des étapes prévues pour mettre fin à l'intervention.
Le droit le plus souvent ignoré est celui-ci : vous et votre enfant avez le droit d'être accompagnés et assistés par une personne de votre choix lorsque vous voulez obtenir des informations ou lorsque vous rencontrez le directeur ou une personne qu'il autorise (art. 6.2 LPJ). Cette personne peut être un proche, un intervenant d'un organisme communautaire, ou votre avocat. Vous n'avez pas à vous présenter seul à la rencontre.
La loi impose aussi à l'intervenant de s'assurer que vous avez compris les informations qui doivent vous être données, d'expliquer les choses à l'enfant en des termes adaptés à son âge, et de permettre à l'enfant comme aux parents de faire entendre leur point de vue et d'exprimer leurs préoccupations au moment approprié (art. 6.1 LPJ). Vous avez le droit d'être entendus (art. 6 LPJ).
- Être informé du déroulement de l'intervention et des mesures retenues (art. 5 LPJ).
- Consulter un avocat, être assisté et représenté par lui (art. 5 LPJ).
- Être accompagné et assisté par une personne de votre choix aux rencontres (art. 6.2 LPJ).
- Être entendu et écouté, donner votre point de vue (art. 6 et 6.1 LPJ).
- Refuser une entente provisoire, une entente de courte durée ou une entente sur mesures volontaires — la situation est alors soumise au tribunal (art. 47.2, 51.4 et 52 LPJ).
- Des services adéquats de santé et de services sociaux pour vous et votre enfant (art. 8 LPJ).
- L'accès au dossier de l'enfant, pour vous et pour votre enfant de 14 ans et plus, sauf dans certains cas particuliers.
- La confidentialité : nul ne peut publier ou diffuser une information permettant d'identifier votre enfant ou vous-même, sauf autorisation du tribunal (art. 9.3 LPJ).
Ce que l'intervenant va examiner pendant l'évaluation
La documentation officielle du ministère de la Santé et des Services sociaux énonce les éléments que le DPJ soupèse au moment de l'évaluation. Savoir ce qui est regardé aide à comprendre pourquoi certaines questions vous sont posées, et quels documents pourraient être utiles.
- La nature, la gravité, la durée et la fréquence des faits signalés.
- L'âge et les caractéristiques personnelles de votre enfant.
- Vos capacités et votre volonté de corriger la situation.
- Les ressources de votre milieu qui peuvent vous venir en aide.
Certains contextes ajoutent des facteurs. En cas d'exposition à la violence conjugale, le DPJ tient compte notamment des conséquences sur l'enfant, de la reconnaissance de ces conséquences par l'auteur de la violence et des moyens qu'il a pris, des actions prises par le parent qui n'est pas l'auteur de la violence pour protéger l'enfant ainsi que des entraves à ces actions, et des ordonnances ou conditions civiles ou criminelles en vigueur. En cas de négligence liée à l'instruction ou à la fréquentation scolaire, il tient compte des conséquences de l'absentéisme, du niveau de développement de l'enfant et des actions que vous posez, notamment la supervision scolaire et la collaboration avec le milieu.
Un point technique utile à connaître : devant le tribunal, les parents, ou l'enfant de 14 ans et plus, peuvent refuser de se soumettre à une évaluation ou à une expertise, et ce refus est constaté dans un avis transmis au tribunal. Ce refus n'est toutefois pas possible lorsque l'évaluation ou l'expertise est ordonnée par le tribunal et qu'elle est liée à une situation de mauvais traitements psychologiques, d'exposition à la violence conjugale, d'abus sexuels, d'abus physiques ou de risque de tels abus (art. 87 LPJ).
Se préparer à la rencontre : quoi rassembler avant
La rencontre arrive souvent vite, parfois dans les 24 ou 48 heures. Vous n'avez pas à monter un dossier de plaidoirie : vous avez à être capable de répondre avec des faits, des dates et des documents plutôt que de mémoire, dans un moment où la mémoire est mauvaise conseillère.
- Le nom, le titre et le numéro de téléphone de l'intervenant à l'évaluation, et le nom du centre intégré (CISSS ou CIUSSS) concerné.
- Toute ordonnance ou tout jugement déjà rendu concernant votre enfant : garde, temps parental, pension alimentaire, engagements en matière criminelle.
- Les coordonnées des professionnels qui suivent votre enfant : médecin de famille, pédiatre, dentiste, psychologue, travailleur social, éducatrice.
- Le carnet de vaccination, les rapports médicaux ou scolaires récents, le bulletin, les rapports d'orthopédagogie s'il y en a.
- Les coordonnées de l'école ou du milieu de garde et le nom de l'enseignante ou de l'éducatrice.
- La preuve de vos démarches déjà entreprises : inscriptions, listes d'attente, rendez-vous pris, thérapies suivies, cours de compétences parentales.
- Votre horaire de travail et les personnes de votre entourage qui peuvent aider concrètement (nom, lien, disponibilité).
- Vos questions écrites, pour ne pas les oublier une fois assis.
Des questions qu'il est raisonnable de poser, et dont il vaut la peine de noter la réponse : quel motif exactement a été retenu ? Quelles sont les prochaines étapes et à quelle date ? Qui sera rencontré, et où ? Quand aurai-je la décision sur la compromission ? À qui puis-je m'adresser en cas de désaccord ? Rappelez-vous que l'intervenant qui exerce ses pouvoirs d'enquête doit, sur demande, s'identifier et exhiber un certificat attestant sa qualité (art. 36.1 LPJ).
Ce qu'il vaut la peine de consigner — et comment le faire
Une intervention de la DPJ ne dure pas trois jours. Elle peut durer des mois, changer d'intervenant, passer d'une entente à une ordonnance. Six mois plus tard, personne ne se souvient avec précision de ce qui a été dit le 4 mars à 14 h. Ce que vous écrivez le jour même, en revanche, garde sa valeur — et vous permet de répondre calmement plutôt que de chercher dans votre mémoire devant quelqu'un qui, lui, a un dossier écrit.
- Chaque contact : la date, l'heure, la durée, le lieu ou le moyen (téléphone, visite à domicile, rencontre au bureau, école).
- Qui : le nom et la fonction de chaque personne présente.
- Ce qui a été demandé et ce qui a été convenu, dans les mots utilisés, sans interprétation.
- Les délais annoncés : « on vous rappelle d'ici deux semaines », « le rapport sera prêt le… ».
- Ce qui n'a pas eu lieu : rendez-vous annulé, rappel non reçu, service promis non offert — avec la date.
- Vos démarches à vous : appels faits, rendez-vous pris, formulaires remplis, cours entamés, avec la preuve correspondante.
- Les documents remis : quoi, à qui, quand, et par quel moyen.
- Les faits du quotidien de l'enfant pertinents au motif retenu : présences à l'école, repas, sommeil, rendez-vous médicaux.
Trois règles simples rendent ces notes utiles au lieu d'encombrantes. Écrire le jour même — une note datée du jour vaut mieux qu'un souvenir reconstitué. Écrire des faits vérifiables — « rendez-vous du 12 mars annulé par téléphone à 9 h 15 » plutôt que « ils ne font jamais rien ». Et conserver les originaux : courriels, lettres, textos, ordonnances, reçus, gardés tels quels, sans les retoucher.
Gardez aussi la copie de tout ce que vous signez. Le ministère précise qu'une copie du plan d'intervention — et, s'il y a lieu, du plan de services individualisé — doit vous être remise. Si vous concluez une entente, elle doit être écrite : demandez-en une copie et lisez-la avant de signer.
Après l'évaluation : les trois voies possibles
Si le DPJ conclut que la sécurité ou le développement de votre enfant est compromis, il prend la situation en charge et décide de son orientation, c'est-à-dire des mesures de protection (art. 51 LPJ). Trois avenues existent, et deux d'entre elles reposent sur votre accord.
- Entente sur une intervention de courte durée — durée maximale de 60 jours à compter de la décision sur la compromission, écrite, non renouvelable, et elle ne peut pas comporter de mesure confiant l'enfant à un autre milieu de vie (art. 51.2 et 51.3 LPJ).
- Entente sur les mesures volontaires — écrite, d'une durée qui ne peut excéder un an. Le DPJ peut convenir d'ententes consécutives, mais la durée de toutes les ententes ne peut dépasser trois ans (art. 53 LPJ).
- Recours au tribunal — lorsque les ententes ne sont pas appropriées selon le DPJ, ou lorsque vous, ou votre enfant de 14 ans et plus, n'êtes pas d'accord avec la décision.
Le DPJ doit vous informer, avant de convenir d'une entente, que vous et votre enfant de 14 ans et plus avez le droit de la refuser (art. 51.4 et 52 LPJ). Si aucune entente n'intervient dans les 10 jours et que la situation demeure compromise, le DPJ doit saisir le tribunal. Refuser n'est donc pas « bloquer » le dossier : c'est le déplacer devant un juge, qui décidera après avoir entendu toutes les personnes concernées.
Une fois l'entente conclue ou l'ordonnance rendue, vous rencontrerez régulièrement un intervenant, et un plan d'intervention sera élaboré avec vous et votre enfant : besoins, objectifs, moyens, durée des services. Si votre enfant a 16 ans ou plus, le DPJ doit aussi convenir avec lui d'un plan de transition vers la vie adulte. Le DPJ doit ensuite réviser périodiquement la situation de chaque enfant dont il a pris la situation en charge (art. 57 LPJ).
Si votre enfant est confié à un autre milieu de vie
La loi pose d'abord un ordre de préférence. Le maintien dans le milieu familial doit être privilégié, à condition que ce soit dans l'intérêt de l'enfant. Si ce n'est pas le cas, l'enfant doit être confié en priorité aux personnes qui lui sont les plus significatives, notamment les grands-parents et les autres membres de la famille élargie ; à défaut, à un milieu se rapprochant le plus d'un milieu familial (art. 4 LPJ). Le maintien de l'enfant avec sa fratrie dans un même milieu doit être favorisé lorsque c'est dans son intérêt (art. 4.1 LPJ).
Avant qu'un enfant soit transféré d'un milieu de vie substitut à un autre, les parents et l'enfant, s'il est en mesure de comprendre, doivent être consultés, et l'enfant doit recevoir l'information et la préparation nécessaires (art. 7 LPJ). L'enfant confié à un milieu de vie substitut a par ailleurs le droit de communiquer en toute confidentialité avec son avocat, avec le directeur, avec la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse et avec les greffiers du tribunal (art. 9 LPJ).
Des durées maximales encadrent la période pendant laquelle un enfant peut être confié à un milieu de vie substitut. Elles varient selon l'âge de l'enfant au moment où l'ordonnance est rendue (art. 91.1 LPJ ; des durées équivalentes s'appliquent aux ententes en vertu de l'art. 53.0.1 LPJ).
- Moins de 2 ans : 12 mois.
- De 2 à 5 ans : 18 mois.
- 6 ans et plus : 24 mois.
À l'expiration de ces délais, si la sécurité ou le développement de l'enfant est toujours compromis, le tribunal doit rendre une ordonnance assurant de façon permanente la continuité des soins et la stabilité des liens et des conditions de vie de l'enfant. Le tribunal peut toutefois passer outre à ces délais si l'intérêt de l'enfant le commande, notamment lorsqu'un retour dans le milieu familial est envisagé à court terme, ou pour des motifs sérieux — la loi donne elle-même en exemple le fait que des services prévus dans une entente ou dans une ordonnance n'auraient pas été rendus. C'est une des raisons pour lesquelles il vaut la peine de noter les services promis et ceux qui n'ont pas été offerts.
Si vous n'êtes pas d'accord : le tribunal, l'avocat, l'appel
L'article 74.2 LPJ prévoit expressément qu'un enfant ou ses parents peuvent saisir le tribunal lorsqu'ils ne sont pas d'accord avec la décision du DPJ sur la compromission, avec sa décision sur l'orientation de l'enfant, avec la décision de prolonger ou non une mesure volontaire confiant l'enfant à un milieu de vie substitut, ou avec une décision rendue lors d'une révision. Le tribunal compétent est la Chambre de la jeunesse de la Cour du Québec.
Devant ce tribunal, l'enfant, ses parents et le directeur sont des parties (art. 81 LPJ). Les audiences se tiennent à huis clos (art. 82 LPJ), et il est interdit de publier ou de diffuser une information permettant d'identifier l'enfant ou ses parents, sauf si le tribunal l'ordonne ou l'autorise (art. 9.3 LPJ). Une demande introductive d'instance doit être signifiée ou notifiée au moins 10 jours mais pas plus de 60 jours avant l'instruction, sauf si le tribunal abrège le délai pour des motifs exceptionnels ou en cas d'urgence (art. 76 LPJ).
Côté représentation : un enfant visé par une intervention de la DPJ est admissible à l'aide juridique gratuite sans égard à la situation financière de ses parents. Pour les parents, l'aide juridique existe aussi, mais l'admissibilité financière doit être vérifiée dans un bureau d'aide juridique — il y a un volet gratuit et un volet contributif, selon le revenu, la situation familiale, les biens et les liquidités. Cette vérification se fait au bureau d'aide juridique le plus près de votre résidence.
Enfin, une décision ou une ordonnance du tribunal est exécutoire dès qu'elle est rendue et doit être respectée sans délai (art. 93 LPJ). L'appel se forme dans les 30 jours de la date à laquelle la décision est consignée par écrit ; ce délai est de rigueur et emporte déchéance du droit d'appel, sauf autorisation exceptionnelle de la Cour (art. 103 LPJ). C'est un délai à noter le jour même où la décision est rendue.
Les erreurs les plus fréquentes
Aucune de ces erreurs n'est un défaut de caractère : ce sont les réflexes normaux de quelqu'un qui vit un choc. Les nommer permet simplement de les éviter.
- Ne noter aucun nom. Six semaines plus tard, vous ne saurez plus qui vous a dit quoi, ni à qui redemander.
- Signer sans lire, ou signer sans garder de copie. Une entente doit être écrite ; demandez-en une copie et prenez le temps de la lire.
- Confondre une conversation et une entente. Un accord verbal en cuisine n'est pas une entente au sens de la loi.
- Manquer un rendez-vous sans prévenir. La capacité et la volonté de corriger la situation font partie de ce qui est évalué ; une absence non expliquée se lit mal, et se documente mal.
- Ne pas demander la copie du plan d'intervention, alors qu'une copie doit vous être remise.
- Se présenter seul alors que la loi vous donne le droit d'être accompagné et assisté par une personne de votre choix (art. 6.2 LPJ).
- Publier la situation sur les réseaux sociaux. La loi interdit de publier ou de diffuser une information permettant d'identifier l'enfant ou ses parents (art. 9.3 LPJ).
- Laisser filer le délai d'appel de 30 jours parce qu'on espère que les choses vont s'arranger d'elles-mêmes (art. 103 LPJ).
- Attendre d'avoir « quelque chose à prouver » pour commencer à noter. Ce qui manque le plus, plus tard, ce sont les dates du début.
Où trouver un vrai avis juridique, et du soutien
Cette page donne de l'information générale sur ce que prévoit la loi. Elle ne remplace pas l'avis d'un avocat, qui est la seule personne habilitée à analyser votre situation précise et à vous conseiller. Si vous ne savez pas par où commencer, ces ressources existent partout au Québec et la plupart sont gratuites.
- Un avocat en droit de la jeunesse — le Barreau du Québec et les services de référence des barreaux de section peuvent vous en indiquer un.
- L'aide juridique (Commission des services juridiques, csj.qc.ca) — gratuite et automatique pour l'enfant visé par l'intervention ; vérification d'admissibilité financière pour les parents, au bureau le plus près de chez vous.
- Les centres de justice de proximité (justicedeproximite.qc.ca) — information juridique gratuite et confidentielle, pour tous, sans égard au revenu. Ils informent et orientent, mais ne donnent pas d'avis juridique.
- Éducaloi (educaloi.qc.ca) — explications de la loi en langage clair.
- Le comité des usagers des services de protection de la jeunesse de votre centre intégré — il défend et fait respecter les droits des usagers ; son numéro peut vous être fourni par le centre intégré.
- Le commissaire aux plaintes et à la qualité des services de votre CISSS ou CIUSSS — si vous êtes insatisfait des services reçus. Il doit vous transmettre ses conclusions dans les 45 jours de la réception de votre plainte.
- Le Protecteur du citoyen (protecteurducitoyen.qc.ca) — deuxième palier de recours, notamment si vous n'avez pas de réponse du commissaire dans les 45 jours.
- La Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse — 1 800 361-6477 — si vous croyez que les droits de votre enfant reconnus par la LPJ ont été lésés ; elle peut enquêter et prendre les moyens légaux pour faire corriger la situation (art. 23 LPJ).
- Info-Social 811, option 2 — conseils psychosociaux, 24 heures sur 24, partout au Québec sauf le territoire cri de la Baie-James et le Nunavik.
- LigneParents — 1 800 361-5085 — gratuit et confidentiel, de 8 h à minuit, 7 jours sur 7.
Avertissement. Ce texte est de l'information juridique générale sur le droit du Québec, à jour des dispositions de la Loi sur la protection de la jeunesse consultées en juillet 2026. Ce n'est pas un avis juridique, il ne crée aucune relation avocat-client, il ne prédit aucune issue et il ne vous dit pas quoi décider. Chaque situation est différente : pour une décision qui vous engage, consultez un avocat ou un bureau d'aide juridique.
Preuve en main a été fait exactement pour ce genre de dossier : long, éprouvant, et où tout se joue sur des dates. Vous ouvrez un dossier « DPJ », et chaque fois qu'il se passe quelque chose — un appel, une visite, un rendez-vous manqué, un document remis — vous l'écrivez en une minute dans un journal daté, pendant que c'est frais. Les pièces (courriels, lettres, ordonnances, bulletins, reçus de rendez-vous) vont dans un coffre à preuves qui conserve une empreinte numérique de chaque fichier, ce qui permet de montrer plus tard qu'il n'a pas été modifié depuis son ajout. La chronologie remet tout en ordre automatiquement, et le rapport rassemble le tout en un document que vous pouvez remettre à votre avocat, à l'aide juridique ou déposer au dossier. Vos données restent sur votre appareil. Documenter est gratuit pour toujours, jusqu'à trois dossiers. L'application ne donne aucun conseil juridique et ne remplace pas un avocat : elle sert à ce que, le jour où on vous demandera « à quelle date exactement ? », vous ayez la réponse. Ouvrir l'application.
Sources officielles (consultées le 30 juillet 2026)
Chaque affirmation de ce guide s'appuie sur une source officielle. Comment nous vérifions et corrigeons.
- Loi sur la protection de la jeunesse, RLRQ c. P-34.1 (texte officiel)
- MSSS — Brochure « On a signalé la situation de votre enfant au DPJ » (2024, à jour des modifications en vigueur le 26 avril 2023)
- Gouvernement du Québec — Intervention du DPJ à la suite d'un signalement
- Éducaloi — Le rôle du Directeur de la protection de la jeunesse (DPJ)
- Éducaloi — L'aide juridique pour les enfants et les adolescents
- Commission des services juridiques — Aide juridique, volet gratuit
- Éducaloi — Porter plainte à l'égard des services de santé et des services sociaux
- Protecteur du citoyen — Porter plainte (santé et services sociaux)
- Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse — Protection de la jeunesse (FAQ parents)
- Gouvernement du Québec — Info-Social 811
- Centres de justice de proximité — Services
- LigneParents (Tel-jeunes Parents)
Ce guide est une information juridique générale sur le droit québécois, pas un avis sur votre situation. Les règles et les montants changent : vérifiez toujours à la source officielle. Pour une question précise, un avocat, l'aide juridique ou un centre de justice de proximité restent les références.