Le déroulement à la cour, par domaine
Se présenter devant un tribunal quand on ne l'a jamais fait, c'est d'abord ne pas savoir « ce qui va se passer ». Voici, en clair, les grandes étapes selon le type de dossier, le rôle du témoignage et les issues possibles. C'est un portrait général : chaque dossier a ses règles, ses délais et ses exceptions.
Ce guide ne dit pas quoi faire. Il décrit un déroulement type ; il ne prédit aucun résultat et ne remplace pas un professionnel. Pour la marche à suivre exacte, fiez-vous à l'avis d'audience, aux consignes du greffe et, au besoin, à un avocat.
Famille · garde, pension, accès
Devant : Cour du Québec (chambre de la famille) ou Cour supérieure.
Les questions de garde, de pension alimentaire et d'accès se règlent souvent par une entente ; à défaut, un juge tranche après une audition.
- Demande introductive d'instance. Une partie dépose sa demande ; l'autre est signifiée et répond.
- Mesures provisoires (parfois). Des ordonnances temporaires peuvent encadrer la garde ou la pension en attendant le jugement.
- Médiation familiale. Des séances (souvent gratuites) pour tenter une entente sur la garde et les aliments.
- Conférence de règlement à l'amiable / gestion. Un juge aide les parties à s'entendre ; sinon, le dossier est mis en état pour l'audition.
- Audition. Chaque partie présente sa preuve et ses témoins ; il y a des contre-interrogatoires.
- Jugement. La décision, motivée, rendue sur le banc ou par écrit.
Ensuite : un jugement de garde ou d'aliments peut être révisé si la situation change de façon importante ; un appel est possible dans les délais prévus.
Sources : Justice Québec · JuridiQC.
Logement · Tribunal administratif du logement (TAL)
Devant : Tribunal administratif du logement (TAL).
Les litiges entre locataire et propriétaire (loyer, réparations, reprise, résiliation) sont tranchés par le TAL.
- Dépôt de la demande. Au TAL, avec les pièces à l'appui.
- Avis d'audience. La date et l'heure sont transmises aux parties.
- Audience. Informelle mais sous serment : chaque partie témoigne et dépose sa preuve.
- Décision. Souvent rendue par écrit, quelques semaines plus tard.
Ensuite : selon le cas, rétractation (absence justifiée), révision, ou permission d'appeler à la Cour du Québec dans les matières et délais prévus.
Source : Tribunal administratif du logement.
Travail · CNESST puis TAT
Devant : CNESST, puis Tribunal administratif du travail (TAT).
Pour une lésion professionnelle, on conteste d'abord auprès de la CNESST, puis, au besoin, au TAT.
- Décision de la CNESST. La décision initiale sur votre dossier.
- Demande de révision. À la Révision administrative de la CNESST, dans le délai indiqué sur la décision.
- Décision en révision. La CNESST réexamine et rend une nouvelle décision.
- Contestation au TAT. Dans le délai prévu ; une conciliation est offerte pour tenter une entente.
- Audience au TAT. Preuve, témoins et expertises médicales, s'il y a lieu.
- Décision du TAT. Généralement finale.
La décision du TAT est finale et sans appel ; seul un contrôle judiciaire exceptionnel existe. Les délais de contestation sont courts : agissez vite.
Sources : Tribunal administratif du travail · CNESST.
Criminel · accusation, procès, peine
Devant : Cour du Québec (chambre criminelle et pénale) ou Cour supérieure.
Une accusation criminelle suit des étapes précises. Vu les conséquences (dont le casier judiciaire), consultez un avocat criminaliste ou l'aide juridique.
- Comparution. Vous êtes informé des accusations portées contre vous.
- Remise en liberté. Avec ou sans conditions (mise en liberté), ou détention en attendant le procès.
- Communication de la preuve. La poursuite (DPCP) doit vous remettre sa preuve.
- Plaidoyer et mode de procès. Coupable ou non coupable ; pour certains actes criminels, choix du mode de procès (juge seul ou jury) et parfois enquête préliminaire.
- Procès. La poursuite doit prouver hors de tout doute raisonnable ; témoins et contre-interrogatoires.
- Verdict. Acquittement ou déclaration de culpabilité.
- Détermination de la peine (si coupable). Observations des deux parties, puis la peine.
Les issues possibles :
- Acquitté : aucune déclaration de culpabilité.
- Absolution (art. 730), inconditionnelle ou conditionnelle : vous n'êtes pas déclaré coupable · donc pas de casier judiciaire (l'absolution est retirée des fichiers après le délai prévu).
- Déclaré coupable : la peine peut être une amende, une probation, des travaux, l'emprisonnement… et un casier judiciaire. Une suspension du casier peut parfois être demandée plus tard.
Sources : Code criminel · DPCP · Éducaloi.
→ Se préparer à rencontrer son avocat de la défense
Immigration · IRCC, CISR, Cour fédérale
Devant : IRCC / CISR (Commission de l'immigration et du statut de réfugié) / Cour fédérale.
Les dossiers d'immigration relèvent du fédéral. C'est complexe et à enjeux élevés · l'accompagnement d'un avocat en immigration ou d'un consultant réglementé (CRIC) est fortement recommandé.
- Demande ou décision d'IRCC. Vous déposez une demande, ou vous recevez une décision (par ex. un refus).
- Recours selon le cas. Selon la matière : audience ou appel à la CISR (protection des réfugiés, appels des réfugiés, immigration, appels de l'immigration), ou demande d'autorisation et de contrôle judiciaire à la Cour fédérale.
- Préparation et divulgation. Formulaires, preuves et déclarations à soumettre dans les règles.
- Audience. Devant l'instance compétente ; un témoignage est souvent nécessaire.
- Décision. Rendue par l'instance saisie.
Les délais sont stricts et varient selon le type de recours : un délai manqué peut fermer définitivement le recours.
→ Immigration : les recours et l'audience, en clair
Constat d'infraction · contestation
Devant : Cour municipale ou Cour du Québec.
Contester un constat (infraction) mène à un procès si vous plaidez non coupable.
- Plaidoyer. Coupable ou non coupable (évitez le procès par défaut).
- Divulgation de la preuve. Sur demande, la poursuite remet sa preuve (rapport, notes de l'agent).
- Procès. L'agent et vous témoignez ; la poursuite doit prouver l'infraction.
- Décision. Acquittement ou culpabilité.
Ensuite : en cas de culpabilité, amende et, s'il y a lieu, points d'inaptitude (SAAQ) ; un appel est possible dans certains cas et délais.
Sources : Justice Québec · SAAQ.
Petites créances
Devant : Division des petites créances (Cour du Québec).
Aux petites créances, vous vous représentez seul, sans avocat, avec des règles simplifiées.
- Mise en demeure. Lettre datée réclamant le dédommagement, avec un délai pour répondre.
- Dépôt de la demande. Si pas de règlement, avec les pièces (un plafond de montant s'applique).
- Médiation. Offerte gratuitement pour tenter une entente.
- Audience. Le juge entend les deux parties, avec des règles simplifiées.
- Jugement. La décision, souvent finale (pas d'appel).
Attention : poursuivre une municipalité exige souvent un avis écrit dans un délai très court après le dommage. Vérifiez ce délai sans tarder.
Source : Justice Québec · petites créances.
Bien témoigner (tous domaines)
Le témoignage inquiète souvent plus que le reste. Quelques repères simples, valables partout :
- Dites ce que vous avez vu ou vécu vous-même, en faits · pas ce que vous supposez.
- Répondez à la question posée, puis arrêtez. « Je ne sais pas » ou « je ne m'en souviens pas » sont des réponses honnêtes.
- Appuyez-vous sur votre dossier : dates, pièces cotées, chronologie.
- Restez calme et respectueux, même en cas de provocation. Parlez au juge, pas à l'autre partie.
- Préparez d'avance les 3 ou 4 faits que vous voulez absolument dire.
Dans l'application : la section « Déroulement à la cour » reprend ces étapes pour votre type de dossier, et « Préparer mon dossier » vous aide à poser vos faits, vos témoins et vos pièces avant l'audience · c'est vous l'auteur, l'app ne fait que mettre en forme. Ouvrir l'application.
Sources officielles (consultées le 20 juillet 2026)
- Ministère de la Justice du Québec · JuridiQC
- Tribunal administratif du logement
- Tribunal administratif du travail · CNESST
- Code criminel · DPCP · Éducaloi
- IRCC · CISR
- SAAQ
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Rappel : ceci est de l'information générale, elle ne l'est pour personne en particulier, et les règles évoluent. Pour un avis sur votre situation : un avocat, l'aide juridique (selon l'admissibilité), un centre de justice de proximité ou une clinique juridique.